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Mgr Servelien NZAKAMWITA, Evêque de Byumba/Rwanda (Photo: JP BODJOKO, SJ/Vaticannews) Mgr Servelien NZAKAMWITA, Evêque de Byumba/Rwanda (Photo: JP BODJOKO, SJ/Vaticannews) 

Synode : Les jeunes, acteurs de la réconciliation nationale au Rwanda, selon Mgr Servilien Nzakamwita

L’évêque de Byumba au Rwanda, Mgr Servilien Nzakamwita qui participe à la XVe Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, met l’occasion à profit pour faire entendre les problèmes que vivent les jeunes de son pays.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ – Cité du Vatican

« Les problèmes des jeunes au Rwanda sont certainement les mêmes problèmes, peut-être qu’ailleurs. Les jeunes viennent nombreux à l’église. Ils attendent de l’Eglise certainement,  une réponse à leurs problèmes. Mais ce qui nous pose problème, c’est que nous ne savons pas les résoudre. Alors, cela nous inquiète », c’est ce qu’a fait savoir Mgr Servilien Nzakamwita. Des espaces de rencontres ont été alors initiées par les responsables de l’Eglise au Rwanda dans le but d’échanger sur les problèmes de la jeunesse. « Chaque année, nous faisons un forum des jeunes au niveau national. Ce forum est préparé bien sûr par des rencontres, au niveau diocésain, au niveau des paroisses, et les jeunes viennent nombreux. Le dernier forum que nous avons réalisé, s’et passé dans le diocèse de Cyangugu. Et ils étaient 4.500 jeunes venus de tous les diocèses du pays, et même des pays limitrophes comme la République démocratique du Congo d’où sont venus les jeunes des diocèses de Bukavu, de Goma et d’Uvira », a affirmé Mgr Nzakamwita.

L’apport des jeunes dans le cadre de la réconciliation au Rwanda    

24 ans après le génocide de 1994 qui a fait environ un million de morts, l’accent est toujours mis  sur la réconciliation nationale dans ce pays. L’évêque de Byumba, dans sa démarche, fonde son espoir sur les jeunes rwandais. « Nous comptons sur les jeunes pour qu’on puisse rapprocher les gens, rapprocher les familles, parce que les jeunes sont actifs, ils essaient de vivre la fraternité. Les rencontres que nous organisons  au niveau des paroisses, des diocèses du pays. On les fait justement en relation avec ce problème de la  réconciliation. Nous demandons aux familles de les accueillir, et de les héberger pendant la période de ce forum.  En même temps, les jeunes se rencontrent, jouent ensemble, reçoivent des enseignements. Il sont reçus par des familles qui ne les connaissent pas, mais le fait même d’être accueilli construit l’unité. On enlève les préjugés d’ethnies etc. Chacun reçoit le jeune qu’on lui donne comme un cadeau. Il ne demande pas si il est de telle tribu ou ethnie. Cette démarche rapproche les gens et permet à ces familles de dissiper les préjugés qui existent ».

Les jeunes au centre des prises de décision dans l’Eglise

« Les jeunes arrivent à un âge où ils cherchent à être écouter, à donner eux aussi leur point de vue. Je crois que l’Eglise comme l’Etat, et les personnes adultes doivent les écouter, les approcher, et leur laisser un espace de dialogue», a indiqué Mgr Nzakamwita. L’évêque de Byumba invite l’Église à donner la  parole et  une place aux jeunes pour résoudre leurs problèmes. Selon lui, il faut leur laisser le choix de les résoudre, leur permettre de donner des réponses aux problèmes qu’ils rencontrent en les orientant, et  en leur donnant des moyens  de pouvoir prendre place dans la société.    

Les acquis de la rencontre sur le Synode

Prenant part au Synode des Évêques sur les jeunes, Mgr Nzakamwita se réjouit des échanges qui prévalent pendant les travaux. Une rencontre fructueuse marquée par le partage d’expériences des participants. « Cette rencontre nous enrichit, parce que de partout on parle des jeunes, de leur présence dans l’Eglise, de leur foi, de la vocation au mariage, à la sainteté, à la vie consacrée et au ministère sacerdotale. Les mêmes problèmes reviennent évidemment ; chaque pays les vivant selon son contexte. Ailleurs, les jeunes ne sont pas visibles, on ne sait pas comment les approcher, comment répondre à leurs problèmes. Chez nous, en Afrique,  la difficulté est  de savoir, comment répondre à leurs attentes parce qu’ils sont là. Ils  ont confiance en l’église, et ils attendent qu’elle puisse les orienter dans l’avenir », a affirmé Mgr Nzakamwita.

Mgr Servilien Nzakamwita au micro de Jean-Pierre Bodjoko, SJ
08 octobre 2018, 19:49