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Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque de Kindu/RDC (Photo: JP Bodjoko, SJ/Vaticannews)  Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évêque de Kindu/RDC (Photo: JP Bodjoko, SJ/Vaticannews)  

Synode : La jeunesse de Kindu veut sa place dans l’Eglise

L’évêque de Kindu, Mgr Willy Ngumbi Ngengele, évoque les difficultés que rencontrent les jeunes de son diocèse. Il s’exprime aussi sur l’utilisation des réseaux sociaux et sur les vocations sacerdotales.

Jean-Pierre Bodjoko, SJ – Cité du Vatican

Kindu est une ville située à l’est de la République Démocratique du  Congo, dotée d’universités et d’écoles secondaires. Dans cette localité, les jeunes représentent 52% de la population, qui se sont sentis intéressés par le Synode des évêques sur les jeunes qui se tient au Vatican.

Consciente d’être l’avenir et le présent de l’Eglise, la jeunesse de Kindu souhaite que l’Eglise lui donne la place. Cette jeunesse, a indiqué Mgr Ngumbi, se sent un peu écartée dans les différentes activités. Elle réclame plus de place et de moyens pour pouvoir intervenir. Parlant de l’éducation, il a affirmé que les jeunes de Kindu proposent que l’Eglise s’investisse davantage dans le secteur de l’éducation, un secteur qui doit être amélioré. Au nombre des situations difficiles que vivent les jeunes de Kindu, il y a le chômage, a fait savoir Mgr Ngumbi. Après leurs études, ils obtiennent difficilement de l’emploi. Ces jeunes diplômés optent pour des métiers artisanaux, dans le but de subvenir à leurs besoins. Ils sont parfois menuisiers, chauffeurs de taxi, et gérants de cabines téléphoniques. Ceux qui aspirent au mariage, manquent de moyens financiers, un rêve difficile à réaliser. C’est donc une situation face à laquelle les responsables du diocèse de Kindu ne restent pas insensibles. Mgr Ngumbi affirme avoir eu des entretiens avec le gouvernement congolais sur la question, afin de trouver des solutions idoines, qui permettront de donner un sens à la vie de ces jeunes. Des solutions qui contribueront également à leur épanouissement.

S’agissant du mariage des jeunes, l’évêque de Kindu, appelle souvent les responsables de mouvements catholiques et groupes de prière à réfléchir avec les jeunes, sur cette question. Selon Mgr Ngumbi, faute de moyens, l’idéal serait que les différentes cérémonies de mariage se fassent dans la plus grande simplicité. Le montant de la dot doit être symbolique, estime-t-il. Dans son diocèse, Mgr Ngumbi invite les responsables à sensibiliser aussi les parents, sur la dot du mariage. « Dans le diocèse de Kindu, nous organisons parfois des mariages collectifs, pour permettre à ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens de pouvoir se marier. Nous travaillons avec les jeunes et les parents dans ce sens ».

L’impact des réseaux sociaux 

« Aujourd’hui, le monde digital, pose problème puisqu’avec les nouveaux téléphones portables, on a facilement accès à internet, même étant dans des villages reculés. Avec l’internet, on a accès aux images pornographiques, et c’est un problème pour les  parents. Ce que nous essayons de faire au niveau de l’Eglise, c’est de montrer l’aspect positif et celui négatif de l’utilisation de ces réseaux sociaux. C’est certes un moyen de communication, de rencontre avec les autres, de rapprochement, mais les jeunes devront avoir un esprit de discernement, quant à l’utilisation des réseaux sociaux », affirme l’évêque.

Le synode

« Je repartirai avec beaucoup d’optimisme et d’enthousiasme ». Dès son retour en République démocratique du Congo, Mgr Ngumbi entend renforcer et redynamiser les mouvements de jeunes et aussi travailler avec les écoles. « Nous travaillerons sur l’éducation et reviendrons aux valeurs chrétiennes, à l’éthique, en vue de permettre aux jeunes du diocèse de devenir artisans de leur avenir, acteurs dans l’Eglise, et missionnaires auprès d’autres jeunes. Nous favoriserons aussi les échanges entre les jeunes de la ville et ceux des villages », dit-t-il. L’évêque de Kindu espère produire de bons fruits pour la pastorale des jeunes dans le  diocèse.  

Les vocations sacerdotales à Kindu

Les vocations pour la vie religieuse dans le diocèse de Kindu sont insuffisantes. Le diocèse compte 46 prêtres, malgré le dynamisme de la pastorale des vocations dirigée par un prêtre. « Nous sommes dans un milieu marqué par l’islam, cela influence tant soit peu les vocations dans le diocèse. Chaque année, nous avons des ordinations, des vœux religieux, et j’espère que d’ici quelques années le diocèse aura de nouvelles vocations pour l’avenir de l’Eglise », souhaite Mgr Ngumbi.

Mgr Willy Ngumbi au micro de Jean-Pierre Bodjoko, SJ
24 octobre 2018, 20:15