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Logo la 54ème édition du forum économique mondiale de Davos Logo la 54ème édition du forum économique mondiale de Davos  (ANSA)

Davos: François appelle à une mondialisation respectueuse de l’éthique

«Nous avons la responsabilité morale de lutter contre la pauvreté, les injustices qui causent les conflits; afin de promouvoir la coexistence pacifique le développement intégral de tous». C’est le défi que souligne le Pape François, dans son message adressé mercredi au Forum économique mondial de Davos, qui se tient en Suisse du 15 au 19 janvier 2024. Le Saint Père appelle à promouvoir une mondiale respectueuse de l’éthique.

Vatican News

2 800 participants, dont 60 chefs d’États et de gouvernements sont actuellement réunis pour la 54ème édition du forum économique mondiale de Davos, qui a pour thème cette année: "Rebuilding Trust" - "Reconstruire la confiance". Dans son message adressé à cet effet, le Pape souligne le contexte dans lequel se déroule cette rencontre, marqué par les nombreux défis et un «un climat d'instabilité internationale très préoccupant». Il en appelle à la responsabilité morale de chacun, afin d’explorer des moyens novateurs et efficaces de lutte contre les causes de différentes injustices, afin de construire un monde meilleur.

Promouvoir la cohésion sociale, dans un monde de plus en plus déchiré

Le monde dans lequel nous vivons actuellement est de plus en plus déchiré, fait observer François. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, «dont nous ne connaissons généralement pas les visages, continuent de souffrir, notamment des effets de conflits prolongés et de guerres actuelles». Ces souffrances sont exacerbées par le fait que les guerres actuelles ne se déroulent plus seulement sur des champs de bataille définis, elles n’affectent donc pas seulement des soldats, mais aussi des civiles, car nous sommes dans un contexte où «le discernement entre objectifs militaires et civils ne semble plus être observé». Le Pape qui rappelle les objectifs de ce forum qui sont d’orienter et de renforcer la volonté politique et la coopération mutuelle, appelle à saisir cette occasion pour un engagement multipolaire qui donne au monde un nouveau visage. Il invite les participants à tenir compte, dans leurs discussions, du besoin urgent «de promouvoir la cohésion sociale, la fraternité et la réconciliation entre les groupes, les communautés et les États afin de relever les défis auxquels nous sommes confrontés».

Construire la paix en s’attaquant aux injustices

La construction de ce monde meilleur ne se fera que par la paix, qui ne peut être que le fruit de la justice, rappelle François. Elle exige non seulement de renoncer à la guerre, mais surtout de s’attaquer «aux injustices qui sont les causes profondes des conflits». Parmi les plus importantes, le Pape cite en premier lieu la faim, «qui continue d'affliger des régions entières du monde, tandis que d'autres sont marquées par un gaspillage excessif de nourriture». L’exploitation des ressources naturelles, qui continue d'enrichir une minorité, laissant des populations entières, qui en sont les bénéficiaires naturels, dans un état de dénuement et de pauvreté, est une autre cause importante. Le Saint-Père souligne aussi «l'exploitation généralisée d'hommes, de femmes et d'enfants contraints de travailler pour des salaires de misère et privés de réelles perspectives de promotion personnelle et d'épanouissement professionnel». D’autres causes sont l'analphabétisme, le manque de soins de santé de base et des abris.

Promouvoir une mondialisation respectueuse de l’éthique

Pour mettre fin à tous ces problèmes, le Pape propose aux États et aux entreprises de s’unir «pour promouvoir des modèles de mondialisation tournés vers l'avenir et respectueux de l'éthique»; des modèles qui doivent «subordonner la recherche du pouvoir et du gain individuels, qu'ils soient politiques ou économiques, au bien commun de notre famille humaine, en donnant la priorité aux pauvres, aux nécessiteux et à ceux qui se trouvent dans les situations les plus vulnérables». De telles démarches sont nécessaires dans un monde qui est de plus en plus menacé par la violence, l'agression et la fragmentation. Un travail d’ensemble s’avère aussi urgent, car le processus de mondialisation démontre de plus en plus que l’interdépendance, comporte une dimension fondamentalement morale qui «doit s'imposer dans les débats économiques, culturels, politiques et religieux, qui vise à façonner l’avenir de la communauté internationale».

Le véritable développement doit être global et partagé

Le Pape constate par ailleurs que les États-nations ont de plus en plus du mal à contrôler le monde des affaires, à cause des changements rapides dans les relations économiques et financières internationales. Cette situation exige que les entreprises soient guidées «non seulement par la recherche d'un profit équitable, mais aussi par des normes éthiques élevées, en particulier à l'égard des pays moins développés, qui ne devraient pas être à la merci de systèmes financiers injustes ou usuraires». Ce n’est que grâce à une telle approche que l’on pourra atteindre l'objectif d'un développement humain intégral et solidaire. Car le véritable développement doit être global, partagé par toutes les nations et dans toutes les parties du monde, au risque de régresser même dans des domaines caractérisés jusqu'à présent par des progrès constants, averti le Pape.

Outre l’intervention dans le monde des affaires, François appelle aussi à des mesures coordonnées des structures intergouvernementales, qui puissent efficacement leurs fonctions de contrôle et d'orientation dans le secteur économique, «étant donné que la réalisation du bien commun est un objectif hors de portée des États individuels, même de ceux qui dominent en termes de puissance, de richesse et de force politique». D’autres part, les organisations internationales sont appelées à garantir la réalisation de l'égalité, «qui est à la base du droit de tous à participer au processus de développement intégral, dans le respect des différences légitimes».

Le Pape pour conclure, rappelle la responsabilité morale de chacun dans la lutte contre la pauvreté, dans la réalisation d'un développement intégral pour tous et dans la recherche d'une coexistence pacifique entre les peuples. La génération actuelle doit s’approprier une telle lutte, et la conduire vers des objectifs encore plus élevés, car «le bien, comme l'amour, la justice et la solidarité, ne peuvent être atteints une fois pour toutes; ils doivent être conquis chaque jour».

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17 janvier 2024, 12:33