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Des Salvadoriens manifestent contre le président d'El Salvador, Nayib Bukele, lors du Sommet des Amériques, à Los Angeles le 6 juin 2022. Des Salvadoriens manifestent contre le président d'El Salvador, Nayib Bukele, lors du Sommet des Amériques, à Los Angeles le 6 juin 2022.  

Cardinal Rosa Chávez: la situation d’El Salvador est très délicate

Le cardinal Gregorio Rosa Chavez regrette la situation très délicate dans laquelle se trouve en ce moment l'Etat d'El Salvador, en Amérique centrale. Il déplore une absence de dialogue dans un pays, où persiste selon lui, «tellement de murs».

Patricia Ynestroza - Cité du Vatican

Le cardinal salvadorien, Gregorio Rosa Chávez, présent au Consistoire du 27 août, a rappelé que l'Église doit être prête à tout, même à l'effusion du sang; «C'est sa nouvelle mission». Il ajoute: «Le Pape présente une Église du martyre, c'est l'Église de Jésus-Christ, c'est une caractéristique de l'Église, une mission du martyre, où que nous nous trouvions».

Sans dialogue, point de paix

Compte tenu de l'état d'urgence en vigueur au Salvador depuis le mois de mars, le cardinal a souligné à quel point la situation était très «confuse, très délicate». Il regrette le fait qu'«Il n'y [ait] pas de dialogue en ce moment dans le pays, c'est très grave, parce qu'il n'y a pas de ponts, il y a beaucoup de murs en ce moment». Et peu importe combien le clergé insiste, il est difficile de construire des ponts, insiste-t-il: sans dialogue, la construction de la paix ne peut avoir lieu.

 

Le cardinal a ainsi déclaré qu'il était urgent d'écouter: «Nous pouvons tous contribuer à partir de notre propre perspective, c'est un grand désir de construire vraiment une patrie».

Récemment, selon les agences, les autorités gouvernementales salvadoriennes ont capturé 50 000 membres présumés de gangs et personnes liées à ces gangs. Cette action, baptisée «guerre contre les gangs», est une mesure du président Nayib Bukele pour combattre ces groupes. Cependant, il n'y a pas eu d'informations plus détaillées sur le nombre de membres de gangs, le nombre de collaborateurs ou le nombre d'entre eux qui ont été libérés parce que leur implication dans les gangs n'a pas été vérifiée.

Une crise des droits humains

Diverses organisations humanitaires salvadoriennes et internationales ont reçu des plaintes concernant d'éventuelles violations des droits humains, principalement des détentions arbitraires. Un rapport de l'Observatoire universitaire des droits de l'homme, de l'Université jésuite d'Amérique centrale (UCA), révèle et met en garde contre des cas de tortures commis au Salvador pendant le régime d'exception.

En juin, l'organisation Amnesty International a, elle, signalé que le gouvernement salvadorien procédait à des détentions arbitraires, à des disparitions forcées, à des actes de torture et à la mort d'au moins 23 personnes dans des prisons. Pourtant, de juin à vendredi dernier 26 août, l'Institut de médecine légale (IML) «reconnaît» le décès en prison de 73 personnes. Ils ont été arrêtés dans le cadre des efforts du gouvernement pour «combattre» les gangs, selon La Prensa Gráfica (LPG) vendredi. Amnesty International (AI) a déclaré que la mesure d'état d'urgence «a créé une crise» des droits de l'homme au Salvador.

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29 août 2022, 14:34