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Le ministre érythréen des Affaires étrangèers avec le Premier ministre éthiopien à Addis Abeba Le ministre érythréen des Affaires étrangèers avec le Premier ministre éthiopien à Addis Abeba 

Vent de paix entre l'Ethiopie et l'Erythrée

L’Ethiopie et l’Erythrée, sœurs ennemies depuis une vingtaine d’années, se sont rapprochées, faisant souffler un vent de paix dans la Corne de l’Afrique. Si aucun traité n’a encore réglé leur contentieux, le processus est sur la bonne voie.

Entretien réalisé par Marine Henriot – Cité du Vatican

«Pour le moment, cela se présente bien», le chercheur indépendant et spécialiste de l’Ethiopie, René Lefort, est optimiste sur la paix future entre deux pays frères ennemis, Ethiopie et Erythrée. Et pour cause, l’accueil de la délégation gouvernementale érythréenne en Ethiopie mardi 26 juin, «allait bien au-delà d’un accueil diplomatique traditionnel», explique le chercheur. Une rencontre historique entre les deux pays, dans le but de mettre un point final à la guerre et à des décennies d’hostilité entre les deux pays voisins de la corne de l’Afrique.

Encouragement du Pape François

C’est une «bonne nouvelle», «historique» même, s’est réjoui le Pape François lors de l’angélus dimanche 1er juillet. «Qu’une telle rencontre puisse allumer la lumière de l’espérance pour ces deux pays de la Corne de l’Afrique et pour l’ensemble du continent africain» a-t-il ajouté.

Début juin, le nouveau ministre éthiopien Ahmed Abiy annonçait son intention d’appliquer l’accord de paix signé en 2000 avec l’Erythrée, et d’appliquer les conclusions de la commission internationale indépendante sur le tracé de la frontière. 

 

La fin de trois décennies de tensions ?

Un processus de paix est en cours depuis plusieurs mois explique René Lefort, mais n’a jamais été aussi proche de la réussite, notamment grâce à la pression de puissances étrangères comme les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. «Les Érythréens sont demandeurs», ajoute le chercheur.

De 1998 à 2000, Ethiopie et Erythrée se sont livrées à une guerre conventionnelle avec chars d’assaut et tranchées, faisant environ 80 000 morts. Mettre un terme à ce conflit signifierait la fin de presque trois décennies de tensions entre les deux pays, depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993.

Écoutez l'entretien avec René Lefort

 

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03 juillet 2018, 08:38