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La ville de Douma, dans la Ghouta orientale, le 15 avril 2018. La ville de Douma, dans la Ghouta orientale, le 15 avril 2018.  (ANSA)

Moreau-Defarges: «Il y a une réaction mais aucune stratégie occidentale en Syrie»

Une réunion d'urgence est organisée ce 16 avril au siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye aux Pays-Bas sur l’attaque chimique présumée du 7 avril qui a entraîné les frappes occidentales.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Intervenues dans la nuit de vendredi à samedi, les frappes punitives conduites par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni déclenchées par l’escalade chimique syrienne mèneront-elles à l’escalade militaire?

L’impasse politique et juridique

«Il faut minimiser la portée de ces frappes. Elles sont limitées et ponctuelles», assure Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des relations internationales et chercheur à l’IFRI.  

Selon le politologue, l'action militaire coordonnée des trois pays alliés n’est «qu’une réaction» et ne comporte «aucune stratégie» à long-terme. En effet, les trois alliés sont dans une impasse, toute solution politique, visant à faire partir Bachar Al-Assad du pouvoir, se retrouvant bloquée par la Russie ou par la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu.

Ce nœud politique freiné par le cadre juridique onusien à séparer du droit de la guerre, n’empêche toutefois pas l’action légitime d’un État, juge Philippe Moreau-Defarges.

Ambiguïté turque, prudence iranienne et réjouissances chinoises

Quant aux autres acteurs internationaux, le théâtre diplomatique a repris ses quartiers, chacun faisant valoir ses intérêts propres. L’ambiguïté d’Erdogan, qui salue les frappes tout en participant au processus d’Astana aux côtés des Iraniens et des Russes, se comporte là en «maître chanteur», estime Philippe Moreau-Defarges.

L’Iran, paralysée par ses soucis internes et le dossier nucléaire, préfère jouer la prudence en restant effacée de chacune des parties. En prônant un retour à une solution politique plutôt que la force, la Chine, elle, qui siège aussi au Conseil de sécurité de l’Onu, souhaite montrer aux Occidentaux «que leur règne est terminé», déduit le politologue. 

Entretien avec Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des relations internationales
16 avril 2018, 13:16