Version Béta

Cerca

VaticanNews
Des vendeurs de rue dans le coeur de Bagdad, la capitale irakienne, le 6 avril 2018. Des vendeurs de rue dans le coeur de Bagdad, la capitale irakienne , le 6 avril 2018.   (AFP or licensors)

15 ans après la chute de Bagdad, l'Irak toujours à reconstruire

Le 9 avril 2003, la capitale irakienne tombait aux mains des troupes américaines. 15 ans plus tard, la corruption est devenue endémique et les communautarismes se sont exacerbés. A nouveau le pays doit se relever.

Entretien réalisé par Joris Bolomey – Cité du Vatican

Le 9 avril 2003, au terme d'une offensive éclair, les Américains s'emparent de Bagdad. Au centre de la capitale, les tanks de l'Oncle Sam abattent la statue de Saddam Hussein. Libéré de son dictateur, le pays est ravagé par l'invasion menée par Washington sur le mensonge des armes de destruction massive. Comme en Afghanistan, l'administration Bush a fait payer à tout un peuple les attentats du 11 septembre 2001.

«Notre pays a connu catastrophe sur catastrophe depuis 15 ans», déplore le patriarche chaldéen, Mgr Louis Raphaël Sako. En effet, en 15 ans, la corruption est devenue endémique, les communautarismes se sont exacerbés et tout une partie du pays, au nord, est défigurée par l'occupation de l'organisation Etat islamique (EI). Parmi les communautés ciblées par les campagnes génocidaires de l'EI, les yézidis ont été décimés. 

Fin de la guerre et basculement dans le terrorisme

Le 9 décembre 2017, Haïder al-Abadi, Premier ministre irakien, annonçait la «victoire» contre l'État islamique et la fin de la guerre dans le pays.  Les combats et attentats risquent de continuer pendant encore longtemps avec le basculement dans la clandestinité de l'organisation Etat Islamique et de son chef Abu Bakr al-Baghdadi. 

Dans la reconquête du pays face aux terroristes, les peshmerga kurdes ont remporté de nombreuses batailles. Mais la victoire tactique n'a pas été transfromée en succès politique par le président du Kurdistan irakien. Massoud Barzani a été contraint de quitter son poste suite au référendum d'indépendance, qui a débouché sur la perte par les Kurdes de la quasi-totalité des territoires qu'ils revendiquaient en dehors de leur région autonome et qui auraient pu assurer la viabilité économique d'un hypothétique État kurde.

72 milliards d'euros sur dix ans 

Après les divisions et destructions, le pays des deux fleuves doit, pour une énième fois, se relever et se reconstruire. Le coût de la reconstruction a été chiffré par Bagdad à 72 milliards d'euros sur dix ans, dont 18 milliards d'euros de besoins à court terme. Un chantier qui devra compter sur les ambitieux voisins de Bagdad: l'Arabie saoudite, la Turquie et surtout l'Iran. L'Irak a déjà obtenu près de vingt-quatre milliards d'euros pour sa reconstruction lors de la conférence internationale qui a eu lieu en février 2018 à Koweït, près de trente ans après l'invasion de cet émirat pétrolier par Saddam Hussein, en 1990. La Turquie s'est notamment engagée à allouer à Bagdad quatre milliards de dollars en prêt et investissement.

Les explications de Myriam Benraad, professeure de sciences politiques à l'université de Leiden, aux Pays-Bas, et spécialiste de l'Irak.

Éclairage de Myriam Benraad, spécialiste de l'Irak

 

09 avril 2018, 08:43