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Des coptes rassemblés devant une église au sud du Caire, le 29 décembre 2017, après un attentat meurtrier tuant quatre personnes. Des coptes rassemblés devant une église au sud du Caire, le 29 décembre 2017, après un attentat meurtrier tuant quatre personnes.   (AFP or licensors)

Mgr Kyrillos : l’Égypte d’Al-Sissi rassure la communauté copte

Il comptait redonner à l’Égypte sa grandeur passée. Malgré un bilan contrasté à la tête de ce pays de 95 millions d’habitants, le président Abdel Fattah Al-Sissi briguera les 25 et 26 mars un second mandat qu’il est assuré d’emporter. Depuis son élection en mai 2014, l’ex-général a multiplié les mains tendues envers la communauté copte, traumatisée par des attentats à répétition.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Plus orthodoxes que catholiques, résolument minoritaires, ils représentent 10%  de la population égyptienne et sont des cibles de choix du groupe État islamique. «Les coptes sont assurément la communauté chrétienne la plus importante du Moyen-Orient. Le but est de l’éradiquer», se désole Mgr Kyrillos William Samaan, évêque copte catholique d'Assiout, en Moyenne Égypte. 

Al-Sissi bien perçu mais des attentes toujours fortes

Les régulières sorties du président Sissi aux côtés du patriarche copte orthodoxe Tawadros II, ses promesses sur le renforcement de l’appareil sécuritaire, dont le plan Sinaï 2018 lancé en février pour lutter contre le djihadisme, ou encore la récente érection de la plus grande cathédrale moyen-orientale dans le désert égyptien, sont autant d’éléments qui rassurent les fidèles coptes.

Ces derniers assurent toutefois demeurer lucides sur l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour leur permettre un serein épanouissement religieux.

Pour l’heure par exemple, seules 53 églises ont été officiellement reconnues par décret présidentiel sur les 3 000 que compte le pays.

Une foi vive, une condition fragile

Déjà persécutés par les Romains sous l’empereur Dioclétien, par les Byzantins, les Ottomans, et enfin les djihadistes du groupe État islamique, c’est avant tout en tant qu’«Église des Martyrs», voire «mère des martyrs», tel que l’avance Mgr Kyrillos William Samaan, que les coptes se positionnent aujourd’hui.  

Le calendrier copte se nomme d’ailleurs «calendrier des Martyrs» et le livre des saints de ce calendrier, le Synaxaire, relate l'histoire d'au moins un martyr par jour.

Invité de la Nuit des témoins, organisée par l’Aide à l’Église en détresse (AED), à Rome le 19 mars, Mgr Kyrillos William Samaan, nous décrit le climat dans lequel évolue aujourd’hui cette Église copte, multiséculaire, fondée par Saint-Marc en l’an 43 à Alexandrie.  

Entretien avec Mgr Kyrillos William Samaan, évêque copte catholique d'Assiout (Moyenne Égypte)
21 mars 2018, 20:01