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Soeur Leonella Sgorbati (1940-2006). Soeur Leonella Sgorbati (1940-2006). 

Béatification d’une religieuse italienne tuée en Somalie en 2006

Sœur Leonella Sgorbati, assassinée par des islamistes en Somalie le 17 septembre 2006, a été béatifiée ce samedi à Piacenza, sa ville natale au nord de l’Italie, lors d’une messe présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Rosa Sgorbati, née en 1940 près de Piacenza, avait pris le nom de sœur Leonella lors de ses vœux au sein des Missionnaires de la Consolata. Elle se rendit ensuite au Kenya, où elle a travaillé surtout dans le domaine obstétrique. En 2001, elle avait commencé à faire la navette entre le Kenya et la Somalie, fondant à Mogadiscio un centre pour la formation d’infirmiers et d’obstétriciens.

«Sœur Leonella a vécu pleinement sa passion pour le Christ avec un cœur de disciple, à la recherche de Dieu et de sa volonté, détachée de tout, et entièrement disponible à l’obéissance», a expliqué le cardinal Amato. Cette religieuse a toujours suivi la voie du Seigneur en se tournant particulièrement vers la consolation, le cœur de la vocation des missionnaires de la Consolata. Elle avait fait des études d’infirmière en vue de son apostolat missionnaire au Kenya, donnant totalement sa vie dans la filiation de ces paroles prémonitoires du fondateur de son ordre : «Un missionnaire doit toujours être disposé au martyre, autrement, ce n’est pas un bon missionnaire.»

Martyre de la fraternité, de la charité et du pardon

Après le Kenya, sœur Leonella fut donc appelée à la mission en Somalie, pays dévasté par 10 ans de guerre civile et très marqué par l’extrémisme religieux. Le tabernacle de la maison où elle habitait était le seul lieu de présence du Saint-Sacrement dans ce pays. Les quatre sœurs de la communauté, bien que régulièrement menacées, firent le choix de rester. Sœur Leonella fut agressée mortellement le dimanche 17 septembre 2006, ainsi que son garde du corps. Une autre sœur témoignera que durant son transfert à l’hôpital, elle eut le temps de prononcer trois fois le mot «pardon», en évoquant ses agresseurs, avant de s’éteindre «comme une bougie qui avait fini sa cire, parce qu’elle aussi, elle avait tout donné».

«Le martyr chrétien n’est pas un fanatique destructeur, mais un défenseur héroïque de la vie et un messager de fraternité, de charité et de pardon», a expliqué le cardinal Amato. Sœur Leonella avait été frappée par le martyre des moines de Tibhirine, et elle offrait régulièrement leur biographie à des communautés de la région, en disant : «Le martyre fait partie de notre vie quotidienne, ici, en communauté ; le martyre de sang, c’est seulement si Dieu nous le demande», disait-elle. Il s’agissait, dans le cas de ces sœurs vivant en Somalie, d’un martyre silencieux pour rendre l’amour de Dieu présent parmi les pauvres de cette terre.

 

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26 mai 2018, 17:29