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Manifestation de soutien à l'ex-président Lula, le 11 avril 2018 à Belo Horizonte. Manifestation de soutien à l'ex-président Lula, le 11 avril 2018 à Belo Horizonte.  (AFP or licensors)

L'Église brésilienne face à une société polarisée

La situation politique au Brésil est devenue très tendue avec l’incarcération de l’ex-président Lula. Les positions des uns et des autres se radicalisent. Le dialogue devient difficile.

Entretien réalisé par Silvonei Protz - Aparecida

Les évêques du Brésil sont actuellement réunis à Aparecida pour leur 56e assemblée plénière. À cette occasion, outre les thématiques directement liées à l’Église catholique brésilienne, comme la réforme des statuts canonique de la CNBB (conférence nationale des évêques du Brésil), ils abordent les grands problèmes qui touchent la société brésilienne.

Parmi ceux-ci, il y a la violence carcérale. Les prisons du pays sont toutes surpeuplées et des bandes criminelles les contrôlent, n’hésitant pas à régler leurs comptes à l’intérieur des établissements pénitenciers. Mardi 10 avril, une tentative d’évasion de masse dans l’État du Para, dans le nord du pays, s’est soldée par la mort d’au moins 21 personnes.

Le cas de l’ex-président Lula

L’autre grand sujet qui domine l’actualité brésilienne depuis plusieurs semaines, c’est le sort de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, condamné à douze ans de prison pour corruption et qui a été incarcéré, après avoir déposé de nombreux recours devant la justice, le samedi 7 avril.

Principal favori de la présidentielle qui doit avoir lieu à l’automne, le chef de file de la gauche espère bien pouvoir se présenter à l’élection. Ses partisans dénoncent son incarcération et n’hésitent pas à organiser la «résistance» face à une décision perçue comme partisane.

Dialogue politique impossible

À cela s’ajoute la tension croissante dans la société. Le gouvernement de Michel Temer, arrivé au pouvoir après ce qui a été perçu comme un coup d’État judiciaire contre sa prédécesseur Dilma Rousseff, a décidé d’envoyer l’armée pour rétablir la sécurité dans certaines favelas de Rio de Janeiro.

Le père Gianfranco Graziola, vice-coordinateur de la pastorale des prisons au Brésil, revient avec Silvonei Protz sur ce climat délétère n’hésitant pas à pointer du doigt les différents groupes de pression présents au sein des institutions politiques brésiliennes

Entretien avec le père Graziola
17 avril 2018, 12:58